Ghazal 285
در عهد پادشاه خطابخش جرم پوش
حافظ قرابه کش شد و مفتی پیاله نوش
صوفی ز کنج صومعه با پای خم نشست
تا دید محتسب که سبو میکشد به دوش
احوال شیخ و قاضی و شرب الیهودشان
کردم سؤال صبحدم از پیر می فروش
گفتا نه گفتنیست سخن گرچه محرمی
درکش زبان و پرده نگه دار و می بنوش
ساقی بهار میرسد و وجه می نماند
فکری بکن که خون دل آمد ز غم به جوش
عشق است و مفلسی و جوانی و نوبهار
عذرم پذیر و جرم به ذیل کرم بپوش
تا چند همچو شمع زبان آوری کنی؟
پروانهٔ مراد رسید ای محب خموش
ای پادشاه صورت و معنی که مثل تو
نادیده هیچ دیده و نشنیده هیچ گوش
چندان بمان که خرقهٔ ازرق کند قبول
بخت جوانت از فلک پیر ژنده پوش
Au temps du roi qui pardonne la faute et couvre le délit,
Hafez s'est fait porteur de flacon et le mufti buveur de coupe.
Le soufi a quitté le coin du couvent pour s'asseoir au pied de la jarre
quand il a vu le censeur porter la cruche sur l'épaule.
Sur l'état du cheikh et du juge, et leur façon de boire en cachette,
j'ai interrogé à l'aube le vieux marchand de vin.
Il dit : « Ce n'est pas chose à dire, bien que tu sois un confident ;
retiens ta langue, garde le voile, et bois du vin. »
Échanson, le printemps arrive et il ne reste pas de quoi payer le vin ;
avise, car le sang du cœur bout de chagrin.
C'est l'amour, la pauvreté, la jeunesse et le printemps nouveau ;
accepte mon excuse et couvre la faute du pan de la générosité.
Jusqu'à quand feras-tu comme la bougie assaut d'éloquence ?
Le papillon du désir est arrivé, ô amant : tais-toi.
Ô roi de la forme et du sens, dont le pareil
nul œil n'a vu et nulle oreille n'a entendu,
Demeure assez longtemps pour que ta jeune fortune reçoive
le froc bleu des mains du vieux ciel en haillons.
Vous vivez un temps où les fautes sont pardonnées et les défauts couverts : profitez de cette ouverture. Mais ne dévoilez pas les secrets des autres, et retenez votre langue. La gêne, la jeunesse et le printemps sont venus ensemble : ne soyez pas dur envers vous-même, et demandez pardon et aide à une personne généreuse. Ce que vous vouliez est arrivé : n'en dites pas davantage.