Ghazal 355
حالیا مصلحت وقت در آن میبینم
که کشم رخت به میخانه و خوش بنشینم
جام می گیرم و از اهل ریا دور شوم
یعنی از اهل جهان پاکدلی بگزینم
جز صراحی و کتابم نبود یار و ندیم
تا حریفان دغا را به جهان کم بینم
سر به آزادگی از خلق برآرم چون سرو
گر دهد دست که دامن ز جهان درچینم
بس که در خرقهٔ آلوده زدم لاف صلاح
شرمسار از رخ ساقی و می رنگینم
سینهٔ تنگ من و بار غم او، هیهات
مرد این بار گران نیست دل مسکینم
من اگر رند خراباتم و گر زاهد شهر
این متاعم که همیبینی و کمتر زینم
بندهٔ آصف عهدم دلم از راه مبر
که اگر دم زنم از چرخ بخواهد کینم
بر دلم گرد ستمهاست خدایا مپسند
که مکدر شود آیینه مهرآیینم
Pour l'heure, je vois la sagesse du moment en ceci :
porter mon bagage à la taverne et m'y asseoir content.
Je prendrai la coupe de vin et m'éloignerai des hypocrites ;
c'est-à-dire que, parmi les gens du monde, je choisirai la pureté de cœur.
Je n'ai d'ami et de compagnon que le flacon et le livre,
pour voir moins les faux compagnons du monde.
Comme le cyprès je lèverai la tête, libre des gens,
s'il m'est donné de ramener le pan de ma robe hors du monde.
J'ai tant vanté ma vertu sous un froc souillé
que j'ai honte devant le visage de l'échanson et le vin coloré.
Ma poitrine étroite et le fardeau de son chagrin : hélas,
mon pauvre cœur n'est pas de taille pour cette lourde charge.
Que je sois libertin de taverne ou ascète de la ville,
je suis cette marchandise que tu vois, et moins que cela.
Je suis le serviteur du vizir de ce temps ; n'égare pas mon cœur,
car si je dis un mot, il tirera vengeance du ciel pour moi.
Sur mon cœur est la poussière des injustices ; mon Dieu, ne permets pas
que se ternisse mon miroir, dont le rite est l'amour.
Ce qui vous convient pour l'heure, c'est de vous retirer des gens à double visage et de vivre simplement. Tenez compagnie à vos livres et à votre propre calme, et tenez-vous loin des compagnons trompeurs. Ne vous montrez pas meilleur que vous n'êtes. Le poids de ce chagrin vous est lourd : demandez l'aide de votre protecteur. Ne laissez pas le ressentiment ternir votre cœur pur.